Historique

 

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Les frères marianistes à Tubize (1902-1905)

Voici l’essentiel du récit que font les frères marianistes sur le passage à l’école catholique pour garçon de Tubize.

 

Géographie :

 

Tubize, commune de la province du Brabant située sur la route de Bruxelles à Mons. Sol argileux et schisteux ; prairies, agriculture ; filatures de coton, soie artificielle, tanneries, carrosseries ; fabriques de tuyaux de draînage, de briques, de tuiles, de chapeau, d’instruments agricoles ; meuneries, ateliers de construction de locomotives.

Cours d’eau : la Senne et la Sennette , d’où Tweebeeken (deux ruisseaux) devenu Tubize.

 

Vers 1900 : 5 500  habitants.

 

Les débuts de l’école.

Avec l’industrie, les idées nouvelles se sont propagées dans la population tubizienne. Aussi,  voyant le progrès du socialisme anticlérical qui détient déjà le pouvoir communal, le clergé paroissial résolut-il de soustraire la jeunesse catholique à l’influence du parti. Deux personnes aussi généreuses que chrétiennes secondèrent largement les efforts du clergé : ce furent les demoiselles Vandersteen. C’est grâce à leur concours que la paroisse a vu s’élever successivement l’école des filles tenues par des religieuses, le patronage et enfin l’école des garçons.

Pendant trois ou quatre ans, cette dernière fut dirigée par un jeune prêtre avec des instituteurs laïcs pour adjoints. Mais ces maîtres ne répondirent pas aux espérances que l’on avait fondée sur eux. Trop fréquemment remplacés, ils ne parvinrent pas à donner à l’œuvre un esprit propre et un cachet vraiment chrétien. Cependant, M. le Doyen n’avait pas l’intention de changer.

Des tractations ambiguës

Le vicaire, Mr l’abbé Goossens, neveu de l’Archevêque, prit l’initiative, à l’insu du doyen     

- fait ignoré des Supérieurs de la Société de Marie -  d’entrer en contact avec les Marianistes.

Il s’était entendu avec les demoiselles Vandersteen, sans en parler au doyen, du moins sans le consulter. Le doyen, laissé ainsi de côté, prit le parti de se désintéresser de tout.      

Le Provincial de l’époque (on appelait provincial, le responsable des religieux au niveau d’un pays ou d’une région), le P. Heyberger, avec M. Gogniat, alors directeur de Boussu, se rendit sur place pour prendre les arrangements nécessaires avec M. le curé qui les reçoit à dîner. Durant tout le dîner, il fut évidemment question de l’école. Après dîner, Monsieur le vicaire invite les visiteurs à se rendre chez les demoiselles Vandersteen. M. le Doyen les laisse partir, sans rien dire et sans les accompagner. Comme il était souffrant, M. le Provincial supposait qu’il avait chargé son vicaire de cette affaire.

M. le Provincial soumet le contrat aux demoiselles Vandersteen. Elles l’examinent sérieusement et trouvent les conditions un peu trop onéreuses, mais cependant ne font pas trop d’objection et elles promirent de signer le traité sur papier timbré ; ce qu’elles firent.

Ce ne fut que longtemps après, le 19 janvier 1904, que le P. Heyberger apprit que le vicaire, qui tenait absolument à remplacer les laïcs par des Congréganistes, leur avait dit : « Signez toujours, quand le traité sera signé, nous forcerons bien la main de M. le Curé ».

 

Conditions du contrat

 

Les Frères toucheraient annuellement 1.000 f. pour chaque frère instituteur, 500 f. pour le cuisinier, 30 f. pour l’entretien de la lingerie et la bibliothèque, 150 f. annuellement pour le chauffage et l’éclairage de la communauté.

La Patente, les contributions, le chauffage et l’éclairage des classes, les moyens d’encouragement (prix, bonnes notes, ..), les fournitures classiques, etc … restaient à charge des donateurs - disons mieux - des demoiselles Vandersteen.

Celles-ci fournirent en outre la literie, les nappes , les serviettes, essuie-mains, service de table, etc …. qui devaient leur revenir à la fermeture de l’école.

 

Multiples difficultés de l’école

 

Les classes s’ouvrirent le 9 septembre 1902, sous la direction de M. Eugène Berclaz. Dès le premier jour, il se présenta 180 enfants pour les trois maîtres et les élèves ne cessèrent d’affluer. En décembre, il devint urgent d’ouvrir une quatrième classe, et l’on demanda que le nouveau Frère fut d’un certain âge et profès.

Il fallut agrandir les locaux. Les demoiselles Vandersteen firent prolonger le bâtiment principal, contruire un préau et paver la cour. Ce surcroît de dépenses les empêcha de faire face à leurs charges en 1903 ;  ce fut le prétexte du retard à payer les gages de la cuisinière. C’était aussi l’annonce de prochaines difficultés.

A la fin de l’année, le Gouvernement supprima les subsides. De fait, on n’y avait pas droit, aucun des quatre maîtres n’étant de nationalité belge et ne possédait le diplôme belge.

Comme les subsides étaient versés aux fondateurs, leurs ressources se trouvèrent diminuées d’autant et le traitement des maîtres fut ramené à 700 f.

Ces questions d’argent et l’amour propre froissé, joints à l’ingérence de vicaires dans la direction de l’école, ne tardèrent pas à rompre l’harmonie – disons mieux – l’entente entre les vicaires, les fondatrices d’une part et les frères d’autre part.